Le Kampo : la MĂ©decine Traditionnelle Japonaise

Le Kampo : la MĂ©decine Traditionnelle Japonaise



Avec la tendance qui prône un retour à la nature, les médecines alternatives naturelles, comme le Kampo, font leur retour et attisent l’intérêt des Occidentaux.



Mais qu’est-ce que le Kampo ?


La médecine traditionnelle japonaise, aussi connue sous le nom de Kampo (漢方医学, Kanpō igaku) s’est développée au IXe siècle. A cette époque, elle s’inspire des principes de la médecine traditionnelle chinoise et reprend notamment la pratique de l’acupuncture, la moxibustion, et l’usage des plantes sur laquelle elle repose essentiellement. Au fil du temps, les Japonais ont su concevoir leur propre médecine par les plantes. Ils ont ajouté toutes les particularités de la culture nippone et ont su développer leurs propres méthodes de diagnostiques, remèdes naturels et approches thérapeutiques uniques.










Histoire


Entre le Vème et VIème siècles, les principes fondamentaux de la médecine chinoise apparaissent au Japon. Inspirée de ces fondements, la médecine traditionnelle nippone se développe dès le IXème siècle. Elle commence à adopter ses propres spécificités, adaptées aux physiologiques des habitants et aux plantes qui poussent dans l’archipel nippon.


C’est dans la seconde moitié du XVIème siècle que le terme « Kampo » apparaît afin de distinguer la médecine traditionnelle de la médecine occidentale récemment acquise. Ce nom signifie « médecine selon la méthode Han » (peuple majoritaire en Chine), tandis que la médecine occidentale s’appelait Rampo (médecine des Pays-Bas).


A partir du XIXe siècle, un nouveau système médical centré sur la médecine occidentale apparaît au pays du soleil levant. Le Kampo connaît alors un fort déclin et disparaît de la scène centrale. Mais en 1910, le médecin Keijuro Wada, dénonça cette approche partiale en faveur de la médecine occidentale, Par la suite, certains praticiens se remirent à pratiquer le Kampo.


En 1950, après la deuxième guerre mondiale, un groupe de médecins créa l’association japonaise de médecine asiatique, Nihon Toyo Igakukai, qui posa les bases d’un kampo moderne, Le Kampo prend alors son essor comme médecine complémentaire et alternative. Puis en 1967, les médicaments prescrits par la médecine Kampo ont été inclus pour la première fois dans la couverture d’assurance publique au Japon, ce qui a développé son application dans le cadre de la médication moderne. Actuellement, il existe 148 médicaments qui sont approuvés par remboursement.


Aujourd’hui au Japon, la médecine occidentale et le Kampo sont utilisées ensemble dans le traitement clinique. Cette thérapie “combinée” a contribué à améliorer la qualité de vie des patients.



Fonctionnement


La médecine traditionnelle japonaise offre une approche thérapeutique holistique qui considère le corps et l’esprit comme une seule entité. L’équilibre physique et mental est alors essentiel pour être en bonne santé.


Pour cela, elle associe des méthodes de diagnostiques traditionnelles à l’usage d’une grande diversité de végétaux utilisés pour leurs bienfaits phytothérapeutiques. Elle regroupe par exemple diverses techniques qui peuvent être utilisées indépendamment ou de façon complémentaire telles que la phytothérapie, l'acupuncture, la moxabustion, le shiatsu ou le sekkotsui. En savoir plus sur le shiatsu.

L’objectif étant de soulager les symptômes et de restaurer l’harmonie des fonctions corporelles.


A la différence de la médecine traditionnelle chinoise qui met l’accent sur des éléments comme le Yin et le Yang et la théorie des cinq éléments, le Kampo privilégie les techniques de diagnostique qui réunissent directement les symptômes à la thérapie. Elle met ainsi l’accent sur la pratique plutôt que sur la théorie. De plus, les antidotes prescrits par les praticiens de la médecine Kampo sont déterminés sur la base d’une combinaison de symptômes, tandis que les médecins chinois examinent séparément chaque symptôme.


En ce qui concerne le diagnostic, il a plusieurs étapes à respecter. Avant de commencer l’examen physique, le praticien examine le visage et intérroge le patient sur ses symptômes, ses habitudes de vie, etc. Puis, il passe à l’examen physique. Celui-ci comprend la palpation abdominale, l’inspection de la langue et le diagnostic du pouls. Ces éléments fournissent des informations supplémentaires sur l’état de la maladie, ki (énergie vitale), ketsu (sang) et sui (fluide corporel). Ce diagnostic conduit ensuite une prescription appropriée.




Plantes utilisées en phytothérapie japonaise


Les remèdes (kampo yaku) sont confectionnés à base d’éléments de la nature (shoh yaku) possédant des effets médicinaux. D’origine végétale, animale ou minérale, il peut s’agir de racines, de feuilles, d’écorces, de fleurs, de fruits, de graines de plantes ou de minéraux, voire de parties d’animaux comme la peau ou l’os, etc.

Selon la 14ème édition du Japanese Pharmacopoeia (日本薬局方 Nihon yakkyokuhō), il existe 165 herbes qui servent d’ingrédients dans la médecine Kampo.


Parmi les plantes les plus appréciées, citons :



La racine de réglisse (Glycyrrhiza uralensis) qui est utilisée pour soulager diverses affections comme la toux, les maux de gorge et la diarrhée.


Le gingembre (Zingiber officines), plante réchauffante, qui est traditionnellement utilisée pour traiter les problèmes de digestion et les symptômes du rhume. Elle peut être utilisée sous forme séchée ou fraiche.



La racine d’une pivoine (Paeonia lactiflora) est employée pour réduire la fièvre, traiter les saignements et prévenir les infections.



Les champignons médicinaux comme l’Agaric Royal (Agaricus subrufescens) et le champignon Shiitake (Lentinula edodes) sont très utilisés par les patients souffrant de cancer.



Les feuilles de thé vert (Camélia Folium) sont connues pour leurs vertus stimulantes et leurs efficacités contre les infections digestives. La caféine, qu'elles contiennent, est utilisée pour soulager les migraines. Enfin, le thé vert est employé en phytothérapie pour son action diurétique. On retrouve cet actif dans le papier matifiant au thé vert et la poudre nettoyante et masque visage au matcha Bijin.


La racine d'angélique chinoise, l'écorce de cannelle et le ginseng sont également des ingrédients récurrents.


Ces remèdes peuvent être proposés sous forme de décoction (toh eki), de boulette (gan zai), de poudre (san zai) ou d’un extrait (ekisu kai) dont on fait des comprimés ou des granules. Ces derniers sont plus couramment utilisés du fait de leur praticité.



Arrivée du Kampo en Occident ?


Parfaitement intégrée au système de santé japonais, la médecine nippone est utilisée pour les soins de santé quotidiens comme pour les régimes minceur. C’est une véritable pratique conventionnelle qui est utilisée par de nombreux professionnels de santé dans les hôpitaux et cliniques modernes. Selon une étude réalisée en 2000, 72% des médecins prescrivent des médicaments Kampo. Ces remèdes naturels sont aussi disponibles en pharmacies et drogueries sans ordonnance.


Malgré son adoption en Asie, le Kampo a du mal à se faire une place en Occident. En effet, cette médecine par les plantes est régulièrement remise en question, notamment au sujet de sa sécurité et son efficacité. Les études sur ce sujet se multiplient d’année en année. Du fait du nombre élevé de remèdes végétaux, les praticiens japonais ont bien conscience des risques d’intégrations médicamenteuses et ont fait de la phytovigilance une de leurs préoccupations. Ces risques soulignent la difficulté pour la médecine Kampo de s’intégrer dans un système de soins occidental.





Sources :


Andrea Pauli, « Kampo – la médecine traditionnelle à la japonaise », sur Avogel.ch, 2021.


Antoine Di Novi, « La Médecine Japonaise Kampo », sur Shiatsu France, 2020.


François Couplan, « Le Kampo, la phyto made in Japan », sur Natexbio, 2016.


François Couplan, « Le kampo, la pratique made in Japan », sur Plantes et Santé, 2016.


Manon Traversaz, « Usages phytothérapeutiques de la médecine traditionnelle Kampo 漢方医学 au Japon - n°62, 2019 - », sur Société Française d’Ethnopharmacologie


Véronique, « Kampo: tout savoir sur cette médecine traditionnelle japonaise », sur Santé Pratique, 2019.


« Découvrez le kampo ou médecine traditionnelle japonaise », sur Chroniques-nippones.fr, 2020.


« Kampo: La Médecine Traditionnelle Japonaise (MTJ) », sur I M T E, 2021,


« La médecine Kampo contre la fatigue chronique », sur Passeportsante.net, 2006,


« Liste des herbes de kampo » , sur Stringfixer.com.


« Médecine Kampo », Wikipédia, 2021.


« Qu’est-ce que Kampo? », sur Netinbag.com.


« Thé vert », sur Doctissimo, 2000.



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